
Si l'Angletterre tire aussi bien son épingle du jeu dans le dynamisme de l'emploi, c'est aussi grâce à un droit du travail plus "lâche" et beaucoup moins favorable au salarié qu'en France.Un CDI Outre Manche n'a pas la même valeur et n'offre pas la même protection qu'en France.Si être "permanent" vous offre des avantages comme la planifications des congés, parfois adhésion aux mutuelles ou au système de retraite de l'entreprise, etc; ce n'est pas très difficile pour l'employeur de rompre ce contrat. Bien-sûr il faut une raison pour licencier une personne: réduction d'activité etc, mais pour mettre en oeuvre cette procédure il n'y a rien de compliqué. Quand vous avez moins de deux ans d'ancienneté,l'entreprise ne vous doit rien de plus qu'un préavis (dont la durée varie selon les clauses du contrat de travail) et le paiement de votre salaire durant ce préavis! Nul surprise donc que les derniers arrivés soient les premiers dégagés!
J'avais déjà fait l'expérience de la flexibilité du contrat lors de mon intérim écourté l'année dernière sans prévenir. Cette année de nouveau à mon retour de vacances, c'est une lettre qui me prévient que mon poste peut-être supprimé pour raison économiques.Le dernier trimestre de l'année étant souvent le moment ou en vue du budget de l'année suivante, on allége les finances de l'entreprise, c'est donc la période des licenciements ou fin de contrat!
Dans cette lettre, ils jouaient sur les mots pour laisser planner le mystère jusque la dernière minute. Ainsi ce processus de licenciement a duré près de 3 semaines durant lesquelles mon collègue et moi devions vivre dans la certitude qu'un seul d'entre nous resterait. Même si je devinais que je serais celle qu'ils ne garderaient pas et que je m'étais préparée à cela, l'ambiance d'incertitude devenait insupportable. Ils fallait maintenant affronter l'hypocrisie, le regard des autres. Mais le feeling trompe rarement et quand les gens n'osent plus vous regarder en face, que certains ont l'air triste ou d'autres au contraire sont soudainement très gentils, vous vous dites" ah ils savent mais ils ne disent rien". Si les mots manquent, les regards ne peuvent mentir, et après plusieurs semaines de cette atmosphère pesante je savais déjà que mon sort était jetté "You will go". Mais avant d'obtenir la réponse définitive il m'aura fallu affronter plusieurs réunions (que je qualifierais de mascarades) dont l'une où je me faisait littérallement descendre par mes deux responsables hiérachiques directs! Pour moi il était clair qu'ils voulaient que je sois celle qui parte, mais je n'approuvais pas leur méthodes qui consitaient à rabaisser un employé et à remettre en question ses compétences.
En effet j'en ai conclu que l'entreprise adapte son discours à ses besoins, et si l'on avait félicité mes progrès à la fin de ma période d'essai, ces progrès n'existaient plus quelques mois plus tard quand il s'agissait de licencier!
Enfin une fois ces fâcheuses réunions accomplies, la décision n'a plus tardée et j'ai pu être soulagée:oui j'étais officiellement licenciée et j'avais un mois de préavis durant lequel j'avais l'option de travailler ou de rester chez moi.J'ai choisi la 2ème solution afin de pouvoir gérer mes recherches d'emploi et de ne plus avoir à affronter les autres. La motivation en avait pris un sérieux coup!
Sans regret je quitte une entreprise qui avait pas mal de problèmes et je repars vers de nouvelles aventures! Il était de toute façon dans mes projets de changer de job en 2008, le sort hâte simplement les choses.